Rencontrer le monde avec ses pinceaux...

Lundi 5 décembre 2016 – Interview

Nous avons posé cette même question aux artistes d'Ink Link: racontez nous une anecdote qui vous est arrivée où le dessin vous à permit de faire des rencontres. Louise Joor nous raconte son aventure lors d'un voyage en chine...

C’était en 2009, lors d’un voyage en Chine avec tous mes collègues de la section BD de l’institut St-Luc de Bruxelles.

On avait déjà eu la chance de visiter pas mal de grosses villes et j’aspirais à voir un peu de campagne. On a finalement atterri dans la petite ville de Xitang, très jolie mais surtout extrêmement touristique. Certaines scènes de « Mission impossible III» y avaient été tournées.

Dès qu’on sortait des rues pimpantes, on tombait sur des petits quartiers un peu gris, plein de déchets, « normaux », où les habitants nous indiquaient le chemin pour retourner aux belles rues. C’est sur le sol d’une de ces petites rues que je me suis posée un matin pour dessiner une mobylette, un panier et une bouilloire.

Un monsieur chinois est sorti d’une petite ruelle dans mon dos, et est venu voir ce que je faisais. Il est resté un moment à me regarder dessiner, impassible et silencieux, puis est reparti dans la ruelle.

Il est revenu quelques minutes plus tard avec une chaise pliable qu’il a posée à coté de moi en me faisant comprendre d’y prendre place. Je m’y suis assise en le remerciant, j’étais surprise et touchée par cette attention. Tous mes contacts précédents avec les chinois ayant été jusque-là, si ce n’était pas pour me vendre quelque chose, assez « bourrus » et peu chaleureux à mes yeux d’occidentale. C’était nouveau et c’était grâce au dessin. Il a eu l’air satisfait et est reparti dans sa ruelle, toujours sans un sourire.

J’ai fini mon dessin tranquillement, bien assise (c’était quand même beaucoup mieux qu’être accroupie avec le sang qui quitte les jambes à cause de l’immobilité), sans le voir revenir.

J’étais un peu embêtée, je ne voulais pas laisser la chaise en plan. Je me suis donc engagée, la chaise sous le bras, dans la ruelle sans aucune idée de l’endroit d’où le monsieur venait. Après quelques mètres, je suis tombée devant la porte ouverte d’une maison avec une dame à l’intérieur. J’ai montré la chaise et elle m’a fait signe de la poser, sans amabilité, puis a crié quelque chose à quelqu’un que je ne voyais pas. Cette personne, un homme, a répondu en criant aussi, et elle a enchainé. Ne voyant pas l’homme arriver et étant mise hors de cette conversation criarde, j’ai remercié comme j’ai pu la dame et suis partie, un peu gênée.

Ne connaissant pas les us et coutumes chinoises, j’espère ne pas avoir créé d’ennuis à ce monsieur au final, mais je garde un chouette souvenir de ce moment !

Louise Joor